Edition Unsri Gschìcht

Alsaciens prisonniers de la France – 1914-1919

Daniel Willmé, éd. Unsri Gschìcht, janvier 2020, 136 p. 23 €.

ISBN : 978-2-9569-0611-7

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Nous sommes en 1914. Plus exactement le 7 août. Les Français envahissent les vallées de Thann, Masevaux et une partie du Sundgau. Après deux offensives de l’armée française en direction de Mulhouse les 7 et 19 août – attaques qui se sont soldées par des échecs – le front s’établit sur une ligne allant de Pfetterhouse au Bonhomme.

Dès le début de la guerre, la France prend des mesures d’arrestation de ressortissants civils des pays ennemis se trouvant sur son territoire (près de 60 000 dont le futur prix Nobel alsacien, le docteur Albert Schweitzer). Que ce soit par crainte d’espionnage ou pour les soustraire à leur service national dans l’armée allemande, de nombreux Alsaciens, hommes, femmes, enfants – l’historien Jean-Claude Farcy estime leur nombre à plus de 8 000, sans doute 10 000 – seront internés dans différents lieux de détention français. Ces internements concernent en grande partie la population de l’Alsace « reconquise », soit 91 communes.

Il y a tout d’abord la plupart des fonctionnaires allemands en place : cheminots, chefs de gare, gardes-forestiers, agents-voyers, postiers, percepteurs, greffiers, tout le personnel administratif, de nombreux instituteurs, curés… Puis tous les Alsaciens « douteux », ceux qui sont soupçonnés de germanophilie !

Nombreux ont été l’objet de dénonciations calomnieuses pour des raisons de vengeance, de jalousie, et, comble de l’aberration, pour avoir pactisé avec l’ennemi prussien alors qu’ils étaient, pour la plupart d’entre eux, nés allemands après 1871.

Dans ce livre intitulé « Alsaciens prisonniers de la France – 1914 – 1919 », Daniel Willmé a recueilli les témoignages de deux familles de la vallée de Masevaux : la famille Liller de Guewenheim et l’instituteur de Sentheim, Joseph Sutter.

La famille Liller a été incarcérée durant 57 mois dans treize camps ou localités différents après avoir été accusée d’atteinte à la sûreté de l’Etat et d’intelligence avec l’ennemi. Sa détention se terminera à Strasbourg après la fin de la guerre à l’issue d’un procès qui se soldera par un non-lieu.

Joseph Sutter sera détenu durant 47 mois dans quatre lieux de détention (détenu conjointement durant quelques mois avec la famille Liller à Saint-Rémy-de-Provence). A l’instar de nombreux enseignants ou étudiants alsaciens détenus, il subira les brimades et les vexations d’une population française hostile à ces « têtes de cochon, sales Boches ». « Invité » à renier sa nationalité d’Alsacien-Lorrain pour endosser la citoyenneté française, il ne cèdera pas sa nationalité d’origine et fera les frais de ce refus.

Malades, déprimés, peu ou pas indemnisés, mis au ban de la société fraternelle que la France leur avait promise, en quête de repères, ils demeureront des proscrits.

Plonger dans l’histoire de ces camps de détention permet de mieux comprendre l’adversité française à l’égard de l’Allemagne ; notamment cet esprit de revanche et cette volonté de reconquête des provinces perdues qui ont imprégné la culture collective française et qui furent l’une des raisons de la Grande Guerre.

Télécharger la note de présentation du livre.

La presse en parle !

D’Heimet – n°232, mars 2020