1870-1871 en Alsace-Moselle : annexion ou libération ?

Colloque Unsri Gschìcht

Colmar, samedi 7 mars 2020 au Cercle saint-Martin

13, avenue Joffre

Communiqué d’Unsri Gschìcht du vendredi 6 mars 2020 à 15h30 :

« En raison de l’épidémie de coronavirus et de l’arrêté du préfet du Haut-Rhin de suspendre tout rassemblement de plus de 50 personnes en milieu confiné, le conseil d’administration d’Unsri Gschìcht a décidé, avec regret mais en responsabilité, d’annuler le colloque qui devait se dérouler samedi 7 mars 2020 au Cercle saint-Martin. Plus de 120 personnes sont inscrites ; le colloque est reporté à une date ultérieure et, dans tous les cas, au plus vite dès que la situation le permettra. »

La participation au colloque est libre et gratuite.

Cependant, pour vous accueillir dans les meilleures conditions, l’inscription est vivement recommandée.

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Présentation du colloque

Samedi 10 novembre 2018, Unsri Gschìcht organisait au foyer de l’étudiant catholique à Strasbourg son tout 1er colloque – alors sur le thème « 1914-1918 en Alsace-Moselle » – qui rencontra un vif succès.

2020 commémorera notamment le 150e anniversaire de la guerre de 1870 qui opposa, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France et la coalition des Etats allemands au terme de laquelle l’Alsace et une partie de la Lorraine seront cédées à l’empereur Guillaume 1er.

Sous le titre « 1870-1871 : annexion ou libération ? », ce conflit et ses conséquences en Alsace-Moselle constituent le thème du deuxième colloque – il sera désormais annuel – organisé par Unsri Gschìcht, samedi 7 mars 2020, cette fois au Cercle saint-Martin de Colmar, de 8h00 à 18h30, avec de nombreux temps d’échange avec les participants.

Pour l’historiographie française officielle, la perte de l’Alsace-Moselle résulte d’une annexion qui placera sa population – présentée comme française de toute éternité – sous une terrible domination allemande. Les Alsaciens-Mosellans n’opteront-ils en masse pour la mère Patrie ? Une sémantique qui permettra à la France de justifier, en 1914, sa lutte acharnée pour retrouver les provinces perdues et obtenir leur Libération.

Du point de vue alsacien-mosellan, la réalité historique est toute autre.

De culture allemande, l’Alsace-Moselle s’accommodera très vite de sa nouvelle situation qui marque l’avènement d’une période particulièrement prospère, tant d’un point de vue économique que social et culturel. 

L’objectif de ce colloque consiste à présenter la guerre de 1870 et ses conséquences en Alsace-Moselle sous un angle inédit. Il s’agira ainsi de se détacher de la lecture française (et franco-allemande) qui considère la cession de l’Alsace-Lorraine en 1871 comme une catastrophe, événement déclencheur de la tragédie alsacienne-mosellane du XXe siècle et de prendre le point de vue alsacien-lorrain, attentif à la réalité socio-culturelle de la région et au vécu de ses habitants.

Il faut cependant pour cela faire sauter tout d’abord un premier verrou historiographique, celui de la responsabilité du conflit : la vision dominante, largement transmise au grand public, est celle d’une France victime de Bismarck, dans le piège machiavélique duquel elle serait tombée ; la responsabilité de la France dans une guerre qu’elle a – rappelons-le – déclarée doit donc être mise en lumière.

Pour ce qui concerne les événements guerriers, on laissera de côté les considérations stratégiques – sur lesquelles il a déjà été beaucoup publié – pour s’intéresser au vécu des populations : il sera question des populations assiégées – dont la résistance fait partie des images d’Épinal de la guerre de 1870 – et de la remise en question des rapports entre patrons et ouvriers dans la localité la plus industrielle d’Alsace, Mulhouse.

Le vécu des populations après le traité de Francfort mérite également un examen minutieux. L’ « Option » est indissociable de l’histoire de la cession de l’Alsace-Lorraine à l’Allemagne… Mais de quelles populations parle-t-on ? Par ailleurs, une autre option mérite d’être étudiée : celle des Alsaciens-Lorrains vivant en France ou ailleurs… pour l’Allemagne !

Un sujet qui amènera à étudier celui de l’opinion publique. On parle d’une Alsace-Lorraine protestataire dans les années 1870. Qu’en est-il vraiment ? La cession à l’Allemagne est-elle vécue comme un crime contre le droit des peuples ? L’étude de quelques écrits montre qu’au moins une frange de la population ne tarde pas, non seulement à accepter mais aussi à approuver la nouvelle réalité nationale. Le passage dans le nouvel Empire allemand apparaît d’autant moins brutal qu’on ne constate pas de rupture linguistique dans la vie des Alsaciens-Lorrains. Au contraire, le nouveau cadre assure le renforcement et le développement de la langue du peuple qui est désormais aussi celle de l’État.

La bourgeoisie alsacienne-lorraine est cependant dans l’incertitude : la remise en question de son rôle culturel s’accompagne de la remise à plat des cartes politiques. Quelle nouvelle place trouver ? Quelles institutions revendiquer ? Deux voies principales vont être suivies – la protestation et l’autonomisme – pour interagir avec la fondation d’un nouveau système politique qui durera jusqu’en 1911.

Histoire et mémoire se mêlent encore allègrement en Alsace-Moselle lorsqu’il est question de la guerre de 1870, laquelle conduit immanquablement à évoquer la « parenthèse » du Reichsland.

Dans le contexte historiographique dominant – celui de l’« annexion » – comment transmettre, aujourd’hui, une mémoire honnête du conflit et de la période qui a suivi ?

Dr Eric Ettwiller
Agrégé d’histoire

Président d’Unsri Gschìcht

La presse en parle !

D’Heimet – n°231 – janvier 2020

L’Ami Hebdo du 9 février 2020

Heb'di du 13 février 2020

Heb’di du 13 février 2020

L’Ami Hebdo – dimanche 1er mars 2020

DNA – lundi 2 mars 2020

Annonce le colloque

France Bleu Elsass – annonce

Heb'di du 13 février 2020

Annonce du colloque

FIP à Strasbourg – annonce 

France Bleu Elsass – annonce

Phare FM Hagenau – annonce

L’Ami Hebdo – jeudi 27 février 2020

France Bleu Elsass – annonce

Radio Dreyeckland – annonce