Les Malgré-nous Alsaciens-Mosellans
L’expression Malgré-nous désignent les 103 000 Alsaciens et les 31 000 Mosellans qui, habitant dans les départements actuels du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de Moselle, annexés de fait par le régime nazi le 18 octobre 1940, ont été enrôlés illégalement dans l’armée allemande à partir des 19 et 25 août 1942 jusqu’à la capitulation de l’Allemagne le 8 mai 1945. Les femmes incorporées dans les organisations nazies sont appelées les Malgré-elles.
Nous mettons en garde nos lecteurs contre les innombrables fake-news, volontaires ou involontaires qui, 80 ans après ce drame qui a concerné la quasi-totalité des familles alsaciennes et mosellanes, continuent de circuler sur différents supports ; à commencer sur Wikipédia…
Table des matières
L’Alsace, une histoire multiséculaire
L’histoire de l’Alsace ne commence pas en 1870 et, encore moins, ne se résume-t-elle à la Seconde Guerre mondiale.
La réalité historique vécue par les Alsaciens ne correspond pas aux clichés diffusés dans la société française qui, depuis 150 ans, sont destinés à nier l’ancrage multiséculaire de l’Alsace dans l’espace linguistique germanophone, pourtant fondateur de la singularité et de la richesse culturelle de cette région frontalière au cœur de l’Europe.
Depuis l’installation des Alamans au IIIe siècle ap. JC, l’Alsace appartient à l’espace linguistique germanophone et, à compter de sa fondation en 962, fait partie intégrante du Saint-Empire romain germanique / Heiliges Römisches Reich.
L’annexion à la France va débuter avec le traité de Munster qui, en 1648, met fin la Guerre de Trente Ans et permet à Louis XIV de récupérer les possessions des Habsburg – mais uniquement celles-ci ; elles correspondent à l’actuel Sundgau (Sud du Haut-Rhin) – puis, par la force, la ville libre de Strasbourg en 1681 et, en 1697, tout le territoire de l’Alsace par le traité de Ryswick (à l’exception de Mulhouse qui ne deviendra française qu’en 1799).
Jusqu’à la Révolution française, l’Alsace – dont la frontière douanière se situait alors sur la crête des Vosges – aura le statut de province à l’instar de l’étranger. Les Révolutionnaires établiront la frontière sur le Rhin. Malgré ces changements de souveraineté, les Alsaciens continuent d’appartenir à l’espace linguistique et culturel germanophone.
Par le traîté de Frankfurt/Francfort de 1871 qui met fin à la guerre déclarée par la France à la Prusse, l’Alsace redevient allemande. Avec la cession [1] d’une partie du département de la Meurthe et de l’ensemble de celui de la Moselle, elle forme ensemble le Reichsland Elsass-Lothringen qui, le 31 mai 1911, sera doté d’un Parlement / Landtag lui conférant un statut de quasi-Etat bénéficiant d’une forte autonomie au sein de la confédération allemande. Les Alsaciens deviennent des Reichsdeutschen.
Les 380 000 Feldgrauen Alsaciens-Mosellans mobilisés durant la Première Guerre mondiale le seront donc dans la plus stricte légalité et ils combattront loyalement dans l’armée du Kaiser pour la défense de leur patrie / Vaterland. Leur prétendu cœur français sous l’uniforme allemand est une invention de la propagande française pour justifier l’absence de referendum à la fin de la guerre. A partir du 11 novembre 1918, la France occupera militairement l’Alsace (et la Moselle) jusqu’au 10 janvier 1920, date de promulgation de la loi d’entrée en vigueur, après ratification par le Parlement français, du traité de Versailles signé le 28 juin 1919. Aucune instance officielle alsacienne n’a jamais sollicité la « libération » de l’Alsace par la France. En 1918, la population célèbre avant tout la fin de la guerre.
Dès l’occupation de novembre 1918, la France va engager une politique brutale de francisation d’une population qui, depuis 1 700 ans, appartient à l’espace linguistique et culturel germanophone. Cette réalité est essentielle pour aborder l’histoire des Alsaciens, sans laquelle il est impossible de comprendre la singularité, toujours actuelle, de ce territoire.
L’Alsace dans la Seconde Guerre mondiale
A la différence de la cession territoriale, issue du traité de Frankfurt/Francfort de 1871 reconnue par la communauté internationale, l’annexion de 1940 sera de fait ; non par l’Etat allemand mais par le régime nazi, avec la complicité passive du Gouvernement de Vichy. Juridiquement, les Alsaciens conserveront donc la nationalité française durant toute la Seconde Guerre mondiale. Leur incorporation est ainsi illégale au regard du droit international, constitutif d’un crime contre l’humanité , qui interdit à un belligérant de contraindre des soldats à combattre contre leur propre pays. C’est à ce titre qu’ils sont qualifiés de Malgré-nous. Le contexte est donc sans commune mesure avec celui de la Première Guerre mondiale ; si ce n’est que la population demeure très majoritairement germanophone (les journaux disposent tous d’éditions bilingues).
A la Libération de 1945, les autorités françaises, peu au fait de la réalité historique de l’Alsace, auront beaucoup de difficulté à reconnaître le sort tragique des Malgré-nous, allant jusqu’à les présupposer… volontaires. A travers l’abjecte équation Alsaciens = Allemands = nazis – confondant culture, nationalité et régime politique – en s’appuyant sur la culpabilisation des Alsaciens d’appartenir au même espace linguistique germanophone que les nazis tout en niant la réalité d’une résistance interne, elle parachèvera la francisation de la population alsacienne.
C’est dans ce contexte d’une histoire frelatée par l’idéologie jacobine et mal, voire totalement incomprise par les Français, que s’inscrit le drame des Malgré-nous.
Les Malgré-nous, incorporés de force dans l’armée du IIIe Reich
L’expression Malgré-nous apparait en 1920 dans les milieux francophiles mosellans. Ne correspondant pas à la réalité vécue par l’immense majorité des Feldgrauen alsaciens qui, durant la Première Guerre mondiale, se sont battus loyalement pour l’Allemagne, leur patrie d’alors, elle fera long feu. Elle ressurgira en 1945 – aux côtés de l’expression incorporés de force – pour désigner ce qui constitue en réalité l’enrôlement illégal des citoyens alsaciens et mosellans – demeurés juridiquement Français durant toute la Seconde Guerre mondiale, l’annexion étant de fait – dans l’armée allemande.
L’incorporation de force, promulguée le 25 août 1942 par le Gauleiter Wagner en violation du droit international, apparait dans l’histoire alsacienne comme un drame absolu. Elle est ressentie d’autant plus douloureusement en Alsace que la reconnaissance par la France des souffrances infligées à toute une jeunesse alsacienne, contrainte illégalement d’endosser l’uniforme allemand pour être jetée dans la mêlée guerrière, se fit longtemps attendre : 100 000 Alsaciens [2] et 30 000 Mosellans furent concernés par ce qu’on qualifia dès 1945, au procès de Nuremberg, de « crime de guerre ». Cependant, par son ampleur [3] et le nombre des victimes, 40 000 Alsaciens et Mosellans, il est plus juste de parler de « crime contre l’humanité ».
Dans cette tragédie qu’on leur infligea, ces hommes connurent les tourments d’une guerre totale et sans pitié : ils connurent l’enfer, notamment sur le front de l’Est où était affecté très majoritairement les Alsaciens. Et même après la reddition de leurs unités, pour ceux d’entre eux envoyés en captivité dans les terribles camps russes, notamment celui de Tambov géré par le NKWD [4] et érigé en lieu de souffrance où rôdait la mort, leur calvaire allait continuer encore longtemps. 15 000 Malgré-nous Alsaciens-Lorrains séjournèrent dans le sinistre camp de Tambov où 3 000 à 6 000 d’entre eux, selon les sources, laissèrent la vie.
De mauvais Français
Pour avoir été de facto dans le camp de l’ennemi, ils passeront pour de mauvais Français en France où on ne se soucia donc guère de leur sort et encore moins de leur libération. Les priorités étaient alors ailleurs. Et pourtant, des centaines de vies alsaciennes auraient pu être sauvées si la France, au lieu de tergiverser comme pour leur faire payer un crime qu’ils n’avaient pourtant pas commis, avait entrepris immédiatement les démarches nécessaires auprès des Russes pour les faire libérer.
C’est qu’à Paris, on n’était pas pressé de les revoir dans une Alsace libérée et en pleine épuration. Aussi, en URSS, les Malgré-nous attendront-ils encore durant des mois – voire des années – leur libération, ce qui ne fera qu’accentuer leur souffrance et le nombre des morts. D’ailleurs, lors de son voyage à Moscou fin 1944, le général De Gaulle n’aborda même pas la question de la libération des Malgré-nous détenus dans les camps russes. Ce n’est qu’à l’été 1945, suite à la signature d’un accord franco-soviétique (29.6.1945) que débuteront les premiers rapatriements [5].
Un rapatriement au compte-gouttes et un lourd bilan humain
Le rapatriement des rescapés des différents camps s’effectua donc au compte-gouttes et ne s’acheva que le 13 avril 1955 avec la libération de Jean-Jacques Remetter. Et c’est dans un état sanitaire très critique, épuisés et décharnés suite aux pénuries alimentaires, qu’ils arrivèrent dans les centres de regroupement. Nombre d’entre eux étaient atteints de maladies. Certains corps n’étaient pas sans rappeler ceux des camps de concentration.
Au total, ce sont 40 000 Alsaciens et Mosellans qui ne revinrent pas de la guerre. Environ 10 500 sont morts en captivité.
Une totale incompréhension en France
Mais en France, où les communistes sont alors au plus haut et où règne une atmosphère résistancialiste, l’incompréhension est totale pour la situation de ces Alsaciens. Socialistes et communistes se montrèrent les plus suspicieux, voire le plus hostiles, à leur égard. De retour en Alsace, les rescapés se verront donc rejetés par le monde combattant français et culpabilisés pour l’uniforme qu’on leur avait imposé [6]… mais aussi pour leur germanité [7]. Leur culture n’était-elle pas liée à celle de l’ennemi ? Aussi seront-ils contraints de raser les murs et de faire profil bas, la honte au ventre. De la naîtra un sentiment de culpabilité. À la souffrance physique dans les camps, s’ajoutait la souffrance morale.
L’indemnisation tardera outrageusement
Les milieux gaullistes leur donneront alors l’espoir que, contre un patriotisme démonstratif, ils pourraient se voir accorder l’absolution du « crime »… qu’ils n’avaient pourtant pas commis. Mais aussi, ils leur feront miroiter l’espoir de toucher des indemnités grâce aux démarches que le parti gaulliste ne manquera pas d’entreprendre auprès des Allemands. Or, ces derniers avaient pourtant la conviction d’avoir déjà payé en 1960 dans le paquet des indemnités versées à l’Etat français selon les termes du traité de l’Elysée (en réalité, l’argent n’était pas parvenu aux Malgré-nous, mais avait été détourné notamment pour équiper la gendarmerie… mais ça, les Malgré-nous l’ignoraient ). « On fera payer les Allemands ! », tel sera le mot d’ordre ! Fort de cette promesse, les Malgré-nous furent ainsi tenus en état d’attente pendant des années. Ils militeront dans le parti gaulliste, colleront ses affiches électorales et assureront le service d’ordre de ses réunions.
Ce n’est finalement qu’en mars 1981, qu’un accord fut trouvé avec les Allemands pour le versement d’un fonds d’indemnisation spécifique. Ces derniers acceptaient de verser une nouvelle indemnisation de 250 millions de DM (env. 117,5 millions d’€) qui fut effectuée en novembre 1981, soit 36 ans après la guerre ! Chaque incorporé de force, ou ayant droit, ne toucha que 1387€… pour une jeunesse volée et, pour certains revenus handicapés, une vie brisée.
La reconnaissance officielle ne viendra qu’en 2010
Mais toujours aucune reconnaissance officielle de leurs souffrances et de leur statut de victimes. Il leur faudra encore attendre jusqu’au 8 mai 2010, jour où le président de la République, Nicolas Sarkozy, prononça un remarquable discours à Colmar dans lequel il rendait un vibrant hommage aux Malgré-nous alsaciens dont l’honneur et la dignité avaient si longtemps été bafoués : « Je suis venu en Alsace réparer une injustice », leur dira-t-il. Ce furent des victimes, des victimes du nazisme. Des victimes du pire régime d’oppression que l’histoire ait connu. Les victimes d’un véritable crime de guerre » martela-t-il, en ajoutant : « A leurs familles, à leurs enfants qui ont souffert aussi, aux survivants de cette tragédie, je veux dire que ceux qui les ont abandonnés, ceux qui n’ont rien fait pour empêcher cette ignominie perpétrée contre des citoyens français, ont trahi les valeurs de la France, l’ont déshonorée ».
De fait, il demeure que cette histoire tragique des Malgré-nous, que nombre de Français ne comprennent toujours pas, appartient en propre aux Alsaciens dont la quasi-totalité des familles furent touchées, de près ou de loin, par le drame de l’incorporation de force. L’histoire de ces hommes au destin tragique est pourtant la conséquence directe de la défection de la France qui n’a pas su protéger les Alsaciens en 1940, ses représentants ayant déserté le pays à l’arrivée des troupes allemandes, laissant la population seule et désemparée face au régime totalitaire nazi. « Au lieu de nous libérer, ils nous ont puni » dira plus tard Germain Muller…
Vers une réappropriation linguitisque et culturelle
Bien qu’usuelles, les expressions Malgré-nous et incorporés de force ne reflètent pas la réalité : il en résulte un enjeu sémantique qui, loin d’être anecdotique, contribue directement à l’érosion de la pratique dialectale en Alsace que seul un travail de mémoire, respectueux de notre histoire, peut enrayer.
L’enjeu sémantique
Sauf à être volontaires, tous les soldats du monde sont… incorporés de force, malgré-eux. En témoignent l’existence des tribunaux militaires. Il y a, certes, le devoir envers la Nation mais aucun Etat n’’offre jamais à ses ressortissants une quelconque option lorsqu’il déclare la guerre.
En outre, les expressions Malgré-nous et incorporés de force occultent le fait que les Alsaciens et les Mosellans ont, durant toute la Seconde Guerre mondiale, conservé la nationalité française. Sans cette dimension juridique, fondamentale pour comprendre leur drame, il n’y aurait pas de Malgré-nous.
« Dans la réalité c’est le Gouvernement de Vichy qui, en août 1942, a interdit à la presse française de parler de l’incorporation de force. Ce qui fait que l’opinion française ne l’a jamais su. En 1945, le gouvernement français a laissé croire que les Alsaciens avaient été volontaires pour s’enrôler dans la Wehrmacht. » [8]
Dès lors serait-il plus juste de substituer à ces expressions celle d’enrôlés illégaux qui présente le double mérite de convoquer à la fois la responsabilité de la France dans ce drame et l’existence du droit international.
Deux guerres, deux contextes
Isoler le statut des enrôlés illégaux, pour dramatique qu’il fût en ne portant la focale que sur la Seconde Guerre mondiale ne permet pas d’appréhender la complexité de la situation alsacienne.
D’une part, parce qu’elle fait oublier que les pères des enrôlés illégaux ont, pour l’immense majorité d’entre eux, servi dans l’armée allemande durant la Première Guerre mondiale. Ces Feldgrauen ont vécu l’armistice et le traité de Versailles de 1919 comme une défaite. Pour cette génération, la « Libération » de l’Alsace est une mascarade, organisée par les autorités françaises pour réannexer l’Alsace au mépris du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Cette manipulation explique l’émergence des revendications autonomistes et leurs traductions politiques de l’entre-deux-guerres.
D’autre part, si l’aversion aux horreurs du nazisme est légitime, il est absurde de l’étendre à la culture allemande dans son ensemble. Isoler le sort des enrôlés illégaux du contexte multiséculaire alsacien revient à fabriquer et développer un antibochisme primaire, conduisant les Alsaciens à rejeter leur propre culture. Le Hochdeutsch, langue écrite de l’Alsace, est assimilé à la langue des nazis…
Deux guerres, deux contextes radicalement différents qui ne peuvent être appréhendés qu’à travers une mise en perspective sans laquelle la compréhension de l’Alsace serait nécessairement biaisée. Une différenciation qui doit nécessairement se refléter dans le travail de mémoire.
L’alsacien, considéré comme langue des nazis
Par delà le drame humain, collectif et individuel des enrôles illégaux, l’incompréhension de la population française dans son ensemble et l’amalgame de la langue vont être mis à profit par les autorités françaises pour tenter de parachever l’éradiquation des dialectes alsaciens. Parce qu’allemands. Après 1945 en Allemagne, les Allemands n’ont pas cessé de parler leur langue. Alors que les Alsaciens, si.
L’alsacien, langue des nazis est au cœur du processus d’éradication des dialectes alsaciens. L’enjeu consiste ici à dépasser cette représentation absurde et réductrice, tout en reconnaissant le drame des enrôles illégaux pour lesquels l’alsacien constitue… la langue maternelle.
En 2025, seul 3% des enfants de moins de 10 ans maîtrisent le dialecte tandis que, faisant du Rhin une frontière, le Hochdeutsch est érigé au rang de langue du voisin.
Un indispensable travail de mémoire
La loi n°2012-273 du 28 février 2012 fixe au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France. Une disposition inappliquable en Alsace où les Feldgrauen de la Première Guerre mondiale ne commémorent pas la victoire et ne sont pas morts pour la France mais pour l’Allemagne tandis que leurs fils, enrôlés illégaux, sont morts à cause de la France.
Sauf à nier cette réalité au nom d’une idéologie surannée, sauf à jeter tous les morts alsaciens dans une fosse mémorielle en leur infligeant une seconde mort et sauf à péreniser ce qu’il faut qualifier de falsification de l’Histoire – voire de mensonge d’Etat – seul un travail de mémoire, historique et factuel, peut conduire à une situation apaisée.
Ainsi convient-il de réserver, en Alsace, la cérémonie du 11 novembre à la mémoire des Fedlgrauen et d’intégrer celle des enrôlés illégaux dans une cérémonie adaptée le 8 mai.
Un travail de mémoire qu’il convient de compléter par un enseignement de la réalité historique de l’Alsace – tant aux Alsaciens eux-mêmes qu’à leurs compatriotes de vieille France – pour ce qu’elle est et non, comme tente de l’imposer une représentation fantasmée par l’idéologie, pour ce qu’elle doit être. Une réalité historique, factuelle qui, a aucun moment, ne remet en cause l’unité de la Nation mais préserve légitimement un patrimoine culturel multiséculaire.
[1] L’accord de cession voté le 4 mars 1871 par l’Assemblée nationale stipule : « La France renonce en faveur de l’Empire allemand à tous ses droits et titres sur les territoires situés à l’est de la frontière ci-après désignée. […] L’Empire allemand possédera ces territoires à perpétuité, en toute souveraineté et propriété. ».
[2] Au total, 21 classes ont été mobilisées en Alsace (14 en Moselle et 8 au Luxembourg).
[3] L’incorporation de force toucha, outre l’Alsace, la Moselle, le Luxembourg et le territoire germanophone de Belgique (Eupen-Malmédy).
[4] Commissariat du peuple aux Affaires intérieures, organe d’Etat chargé, en URSS, de la police politique
[5] Le 7.7.1944, l’URSS a libéré un premier contingent de 1 500 prisonniers alsaciens-mosellans de Tambov. Affublés d’uniformes russes, ils passèrent d’abord par Téhéran, où ils reçurent des uniformes anglais, puis par Haïfa, avant de rejoindre, après un périple de deux mois, les Forces françaises libres à Alger où on leur donna un uniforme français. Ils auront donc fait la guerre sous quatre uniformes…
[6] Le procès d’Ouradour ne permit pas d’expliquer avec la sérénité nécessaire, les haines étant trop fortes, l’incorporation de force. Il ne donna satisfaction ni aux uns ni aux autres.
[7] L’écrasante majorité des lettres de Malgré-nous adressées à leur famille sont écrites en Hochdeutsch (cf. Lettres de Malgré-Nous, témoignages d’incorporés de force, éd. La Nuée Bleue, 2012).
[8] Greib R., Niedermeyer JM., Schaffner F. – Histoire de la langue régionale d’Alsace – Ed. Salde/CRDP Canopé Alsace ; 2013 ; 210 pages. ISBN 978-2-903850-39-5. (page 164)
