En dialecte alémanique, a Bändele – région de Strasbourg ; Bandele en Alsace centrale ; Bandala dans le Haut-Rhin – désigne indistinctement un ruban ou un lacet.

En Schriftdeutsch (allemand écrit, standard), le mot s’écrit Bändchen et constitue le diminutif de Band qui désigne entre autre, comme le mot français bande,  « une pièce souple plus longue que large, qui sert à lier, maintenir, recouvrir, border ou orner quelque chose » (dictionnaire Le Robert). Ainsi Schuhband pour lacet à chaussure ou Bandsäge pour scie à ruban.

Comme en français, Band a également d’autres sens mais celui évoqué sur l’affiche de la Collectivité européenne d’Alsace dans sa campagne de soutien à la sortie du Grand Est est bien celui de « petit ruban » ; aux couleurs de l’Alsace, Rot un Wiss (rouge et blanc).

En langage populaire et dans ce contexte, le mot désigne, avec ironie voire une pointe de mépris, toutes les décorations ardemment recherchées par certaines personnes – en particulier les élu(e)s – prêtes à toutes les compromissions pour l’obtenir des Autorités.

C’est ce sens que lui attribue le cabarettiste et dramaturge alsacien Germain Muller dans la chanson, célèbre en Alsace, « D’Lechte » (les derniers). Dans cet hommage majestueux au dialecte crée en 1963, il fustige la responsabilité des Alsacien(ne)s eux-mêmes de l’abandon de leur culture multiséculaire en échange… d’un Bändele. Parce qu’il s’agissait, après la Seconde Guerre mondiale, d’échapper à l’indigne équation Alsacien = Allemand = nazi et tout faire pour apparaître comme « de bons français ». Quitte à abandonner sa langue.

On notera, au passage, la faute d’orthographe de l’affiche : il convient en effet d’écrire Bändele et non pas Bendele qui est une graphie phonétique, dénuée de sens.