Leo/Léon IX (1048-1054), le pape alsacien

Le 12 février 1049, Bruno von Egisheim était intronisé sur le siège apostolique. 152e souverain pontife, Leo/Léon IX est le seul pape d’origine alsacienne jusqu’à aujourd’hui et le premier pape élu de l’histoire. Bernard Wittmann, historien de l’Alsace et membre du conseil scientifique d’Unsri Gschicht, évoque la vie et le parcours de ce personnage illustre, canonisé en 1087.

De Bruno à Leo IX

Né le 21 juin 1002, vraisemblablement à la Burg Hoh-Egisheim, le château paternel de Haut-Eguisheim[1], il est le troisième fils du comte du Nordgau Hugo IV von Egisheim[2], une puissante lignée alsacienne[3] en parenté avec les étichonides et les empereurs saliens[4] et de la comtesse Heilwige seule héritière du « comté » de Dagsburg/Dabo. Appelé Bruno (ou Brunon, « le Brun ») à sa naissance, il passe sa première enfance en Alsace dans la Pfalz (château) familiale d’Egisheim non loin de Colmar. Cadet des garçons du couple, il est destiné à une carrière cléricale. Ses parents, qui maîtrisent tous les deux les langues germaniques (alémanique/francique) et le latin, choisissent de lui donner une éducation bilingue (il apprendra le grec par la suite). Déjà on lui reconnaît une grande intelligence. Aussi, recevra-t-il son instruction à la prestigieuse école épiscopale de Toul où il deviendra plus tard chanoine.

Évêque de Toul

Modèle de piété et de sagesse, il sera promu au rang de chapelain à la cour de son cousin l’empereur Konrad II (1027 à 1039). Apprécié pour ses vertus chrétiennes et son sens pastoral, en mai 1026, alors qu’il est en campagne avec Konrad en Italie, il apprend que le clergé et le peuple de Toul l’ont choisi comme évêque de la ville.

Pourtant, témoignant d’un caractère fort, il refuse de se plier aux conditions imposées par l’archevêque de Trier/Trèves chargé de l’ordination épiscopale. En effet, comme condition à l’ordination, ce dernier exige de chacun de ses suffragants qu’« en toute circonstance il se plierait aux décisions de l’archevêque et qu’il renoncerait à faire quoi que ce fût sans son ordre ou contre sa volonté, comme s’il était son esclave » [5]. Inacceptable pour Bruno.

Ce n’est que bien plus tard, suite à la médiation de l’empereur qui parviendra à convaincre l’archevêque de renoncer à ses exigences « excessives », que Bruno acceptera finalement l’ordination. Elle a lieu le 9 septembre 1027 dans la résidence impériale de Worms.

Le voilà prince-évêque du Saint Empire romain germanique, Toul faisant partie des trois évêchés, avec Metz et Wirten/Verdun, qui relevaient alors du Saint Empire. À Toul, il sera confronté à maints abus et excès. Aussi pourra-t-il y réaliser quelques unes de ses idées de réformes clunisiennes qui lui tiennent à coeur[6].

Bruno acclamé comme pape à Rome

Leo/Léon IX (1048-1054), le pape alsacien
Leo/Léon IX (1048-1054), le pape alsacien

Après la mort du pape Damase II (v.1000- 1048), en décembre 1048 il est appelé à la papauté par la diète de Worms sur la demande de son parent l’empereur salien Heinrich III (1039 à 1056), fils de Konrad II. Ayant une grande réputation de moralité et un train de vie humble et pieux, c’est unanimement et en présence de légats romains qu’il est choisi comme pape par l’empereur Heinrich III et les grands dignitaires ecclésiastiques. Mais, influencé par les moines de Cluny et convaincu qu’un laïc ne peut conférer des pouvoirs religieux[7], il n’accepte sa nomination qu’à la condition d’être préalablement élu par le clergé et le peuple de Rome, ce qui arriva le 12 février 1049 : Bruno von Egisheim est alors intronisé sur le siège apostolique à Saint-Pierre de Rome sous le nom de Leo IX/Léon IX.

Forte personnalité et bon diplomate, il va déployer une activité débordante pour redresser la barre de l’Église en la guidant sur le chemin de la réforme morale et en renforçant son rayonnement en Europe. Partout, il défend l’idée d’une Église universelle centrée sur Rome.

Son pontificat (1049 à 1054) marque ainsi un tournant dans l’histoire de la papauté et de la chrétienté. Par son action, il aura préparé la voie à la grande réforme grégorienne que réalisa après lui le pape Grégoire VII (1073-1085), déjà à ses côtés en tant que conseiller et connu alors comme « le moine Hildebrand ».

152e souverain pontife, Leo IX est le seul pape d’origine alsacienne jusqu’à aujourd’hui et le premier pape élu de l’histoire.

Pape réformateur

Leo IX entend donner une nouvelle impulsion à l’Église. C’est donc avec une détermination inébranlable qu’il engage immédiatement le mouvement de réforme. Ainsi, en avril 1049, dès le début de son pontificat, Leo IX réunit un concile à Rome condamnant la simonie.

Pendant tout son pontificat, il est continuellement en route et ne séjournera que 9 mois à Rome. Pour son œuvre de réformes morales de l’Église, il convoque, infatigable, 12 synodes, une institution consultative et des conciles en Italie, en Allemagne et en France.

Leo IX cherche à limiter l’intervention du pouvoir temporel dans la nomination des responsables d’Église. Mais il veut surtout combattre les abus et la dépravation du clergé ainsi que les nombreux autres maux qui la frappent alors : simonie (trafic des dignités ecclésiastiques), nicolaïsme (mariage ou concubinage des clercs), usure, hérésie, relâchement de la discipline et des mœurs dans les couvents…

Ainsi entend-il exalter la vie religieuse, faire renaître l’ancien idéal monacal, rétablir l’ordre au sein de l’Église et relever l’autorité de la papauté.

La réforme du clergé, auquel il demande la pureté des moeurs et une vie digne du sacerdoce, lui est particulièrement chère.

Leo IX représenté sur la charte manuscrite d'un monastère italien du XIIIe siècle.
Leo IX représenté sur la charte manuscrite d’un monastère italien du XIIIe siècle.

Aussi va-t-il contraindre de nombreux clercs à céder leur charge à des personnalités plus dignes. Il rétablira de même le célibat et la discipline et demandera aux dignitaires ecclésiastiques de prêter serment de n’avoir pas reçu leur dignité ni par simonie, ni par un autre moyen répréhensible.

Par ailleurs, savant dans les études sacrées et profanes, il reste convaincu que la papauté doit se situer au-dessus de tous les gouvernements terrestres et que l’investiture ne peut être faite par des laïcs. Alors qu’il est un allié fidèle des Saliens, Leo IX va néanmoins œuvrer à dégager l’Église de l’emprise impériale. Ce positionnement aboutira, sous le pape Grégoire VII (1073 à 1085), à la « querelle des investitures » qui mettra aux prises, de 1076 à 1122, les papes et les empereurs[8] et qui ne prendra fin que par le Concordat de Worms.

Pape illustre et fils fidèle à son pays natal

Durant les trois grands voyages pastoraux qu’il entreprend entre 1049 et 1053, en Italie, en France et en Allemagne, il ne manque jamais de passer par son Alsace natale (1049, 1050 et 1052) qu’il parcourt en tous sens. Il crée des abbayes pontificales auxquelles il remet des reliques précieuses, consacre de nombreuses chapelles et églises nouvellement édifiées, octroie nombre de bulles, chartes, droits et privilèges : « Cette grande personnalité, ce fils d’Alsace est resté fidèle à sa Heimat, malgré ses responsabilités internationales » note l’historien Lucien Sittler[9] (1905-1987). Leo IX est ainsi resté une des figures majeures de l’histoire religieuse alsacienne.

Son premier voyage pontifical (1049) : Après avoir franchi les Alpes et s’être rendu au concile des évêques allemands à Mainz/Mayence (19 octobre 1049), il passe plusieurs semaines en Alsace (octobre/novembre), qu’il sillonne du nord au sud. À Hagenau/Haguenau, il aurait consacré l’autel de la chapelle du petit castel édifié par son père sur une île de la Moder. En novembre, il est probablement passé par Strassburg/Strasbourg et sa cathédral romane[10] en construction pour y consacrer la nouvelle église collégiale de Jung SanktPeter/Saint-Pierre-le-Jeune.

Il consacre l’autel de l’abbaye d’Altorf, construite en 974 par son grand-père paternel qu’il érige au rang d’abbaye pontificale dépendant uniquement de Rome. Il consacre également le nouveau sanctuaire de l’abbaye d’Andlau, ainsi que le maître-autel où il fait mettre, dans une châsse (reliquaire), les reliques de l’ex-impératrice Richarde, qu’il canonise (10 novembre 1049).

Après avoir traversé les Vosges pour se rendre à Remiremont (14 novembre) et à Sankt Didel/Saint-Dié, il revient en Alsace par le col de la Schlucht et se rend à Egisheim/Eguisheim pour revoir le château familial. Il y consacre la chapelle de Saint-Pancrace, avant de se recueillir sur la tombe de ses parents dans l’abbatiale de Woffenheim qu’ils avaient fondée et à laquelle il remet une relique de la Sainte-Croix (d’où l’origine du nom de Heiligkreuz/Sainte-Croix-en-Plaine) (18 novembre 1049). Il prendra ensuite cet établissement directement sous la protection pontificale. Il passe encore par l’abbaye des moniales d’Ottmarsheim et probablement par la prévôté des chanoines réguliers d’Oelenberg, abbaye fondée en 1046 par sa mère Heilwige.

Lors de son deuxième voyage pastoral au nord des Alpes, de septembre 1050 à février 1051, il vient à nouveau en Alsace. À l’abbaye de Hesse, fondée par ses grandsparents maternels, il confirme ses possessions alsaciennes à Rosheim et Tränheim/Traenheim. Puis, après être passé par l’abbaye bénédictine d’Altorf (28 novembre), il monte à nouveau à l’abbaye de Hohenburg où il dédie l’église à la Vierge Marie et à Saint Nicolas et compose un hymne en l’honneur de Sainte Odile. Le 17 décembre 1050, dans une bulle accordée au monastère Sainte-Odile, Leo IX accorde la paix perpétuelle à ses propriétés. Le même mois, il se rend en Haute-Alsace pour y dédier un certain nombre d’églises dont celles d’Ottmarsheim et d’Oelenberg. En janvier 1051, Leo IX revient à Strassburg et accorde à la cathédrale des indulgences et des privilèges particuliers.

Pour son troisième voyage au nord des Alpes (1052-1053), il revient en Alsace pour quelques semaines et en profite pour recruter des soldats en vue de la défense des possessions papales menacées par les Normands (1052). En Haute-Alsace, de passage à l’ancien monastère de Sigismundzell[11] près de Geberschweier/Gueberschwihr, il aurait consacré la nouvelle église 1052 (?) construite après la destruction du monastère par les Hongrois au Xe siècle.

Gottesfrieden/La Trêve[12] de Dieu (1050/51)

En Alsace, les guerres incessantes vont favoriser le mouvement de la « Paix de Dieu » venu de France et relayé par les clunisiens. Sensible au bien public et aux souffrances du peuple régulièrement soumis à des bandes armées parcourant les campagnes, Leo IX profite de son séjour à Strassburg, à l’automne 1050, pour réunir les seigneurs d’Alsace et leur demander de mettre un terme aux guerres privées et aux brigandages. Il leur demande l’application de la Gottesfrieden/La Paix de Dieu et le respect des gens : « En 1050, les «statuts de Strassburg » instituèrent pour l’Alsace cette « Paix de Dieu » approuvée par Leo IX qui menaçait de condamnation papale sa non-observation », écrit Lucien Sittler[13]. Dorénavant, toute guerre ou querelle féodale est interdite en Alsace du mercredi soir au lundi matin, ainsi que lors des fêtes religieuses. La Gottesfrieden sera ensuite introduite et proclamée dans tout le Saint Empire.

Aux prises avec les Normands

En 1053, avec son armée composée principalement de Souabes et d’Alsaciens, Leo IX va mener une malheureuse campagne contre les Normands de Robert Guiscard établis depuis 1030 dans le sud de l’Italie et qui menacent les États pontificaux. Après la défaite de l’armée papale à Civitella/Civitate, où 500 volontaires alsaciens font le sacrifice de leur vie, Leo IX se retrouve prisonnier. Mais il est libéré en février 1054, après 8 mois de captivité à Bénévent durant lesquels il est tombé malade.

Le schisme de 1054 : rupture entre les Églises d’Orient et d’Occident

C’est sous le pontificat de Leo IX qu’est engagée la séparation des Églises d’Orient et d’Occident. En effet, depuis deux siècles, les rivalités entre l’Église de Constantinople et celle de Rome ne cessent de s’exacerber. Les sujets de la discorde sont nombreux : pour l’Église d’Occident (catholique), dont le clergé est attaché à l’évêque de Rome, le chef de l’autorité religieuse est le pape, alors que pour l’Église d’Orient (Orthodoxe), dont le clergé est attaché à l’empereur byzantin, le chef est le patriarche de Constantinople… qui conteste la primauté du pape. D’autres points de divergence empoisonnent les relations entre les deux Églises : pour les premiers, la langue des rites doit être le latin, pour les seconds le grec ; pour les premiers, les prêtres doivent être célibataires, pour les seconds, ils peuvent être mariés ; pour les premiers, la communion doit se faire avec du pain sans levain, pour les seconds avec du pain avec levain ; pour les premiers, le baptême doit se faire par aspersion, pour les seconds par immersion… Enfin, pour les orthodoxes, les catholiques donnent une interprétation fausse de l’Évangile et des livres sacrés…

En mars 1054, désireux de s’entendre avec les Grecs, avec à leur tête le patriarche Michel Caerulaire (ou Cérulaire), le pape décide d’envoyer à Constantinople une délégation de trois légats, dirigée par son premier secrétaire, le cardinal Humbert de Moyen-Moutier, dans le but de négocier un rapprochement entre l’Église latine et l’Église de Constantinople.

Mais la première entrevue tourne mal. En cause, la traduction de la lettre rédigée en latin par le pape à destination du patriarche et traduite en grec par le cardinal Humbert. Or, celui-ci n’avait qu’une connaissance toute relative de cette langue, multipliant de ce fait erreurs, impairs et contresens… au point de donner au patriarche le sentiment d’avoir affaire à des mystificateurs auxquels on ne peut prêter l’oreille. Les ponts sont alors coupés. À Rome, circulera une toute autre version : non seulement le patriarche n’aurait pas reconnu ses erreurs ni demandé pardon mais en plus, il aurait refusé de recevoir les envoyés du pape et leur aurait même interdit l’accès des églises pour y célébrer la messe.

Mais le cardinal Humbert ne veut pas en rester là. Avant de s’en retourner à Rome, le 16 juillet 1054, en pleine messe, il dépose ostensiblement sur l’autel de la basilique Sainte-Sophie, alors pleine de fidèles, une bulle d’excommunication en latin. Le patriarche n’aura alors d’autre choix que d’excommunier à son tour les ambassadeurs. La rupture entre Rome et Byzance est ainsi consommée.

On a parfois cherché à rendre Leo IX responsable du schisme : une erreur, assurément. En effet, la bulle excommuniant le patriarche Caerulaire avait été déposée par le cardinal Humbert sur l’autel de Sainte-Sophie le 16 juillet 1054, soit trois mois après la mort de Leo IX. Le pape, depuis le début de son pontificat a, au contraire, toujours espéré une réconciliation entre Rome et Byzance, entre le basileus byzantin et l’empereur germanique.

On peut donc difficilement lui imputer la responsabilité du schisme qui est en réalité due aux maladresses, à l’ignorance et à l’intransigeance cassante du cardinal Humbert. Tout juste peut-on reprocher à Leo IX le mauvais choix des plénipotentiaires.

Leo IX, chef de la chrétienté, meurt en Alsacien

Statue du pape Leo IX sur le mur extérieur de la tour de la chapelle « Le Rocher » à Dabo
Bruno von Egisheim-Dagsburg, pape alsacien de 1049 à 1054 sous le nom de Leo IX (Léon IX). Statue sur le mur extérieur de la tour de la chapelle « Le Rocher » à Dabo.

Affaibli par sa détention, Leo IX meurt à Rome le 19 avril 1054. La veille de son décès, sentant la mort venir, il demande à être transporté du Latran à Saint-Pierre où il fait sa dernière prière, non en latin, la langue officielle de l’Église dont il est le chef, mais dans la langue alémanique d’Alsace, uf elsässerditsch ! Leo IX aura vécu en Alsacien toute sa vie, jusqu’à l’orée de la mort : en Alsace, « son enthousiasme pour le sacerdoce et pour l’Église s’accompagna d’une façon touchante d’un attachement vivant et sincère à son pays natal », écrit l’historien suisse Rudolf Wackernagel. « Il resta toute sa vie un véritable Alsacien, sans jamais renier sa langue ethnique », écrit pour sa part Pierre Zind[14].

Canonisé en 1087

Ce pape illustre, qui a revitalisé l’Église d’Occident, lancé le processus de son émancipation et restauré la puissance papale grâce à son œuvre de réforme, est canonisé en 1087 : « Rome et l’Église perdirent en lui le plus sage et le plus vertueux pontife, qui fut monté sur le Saint-Siège depuis plus d’un siècle », note P. André Grandidier[1]5. Des reliques de Sankt Leo/Saint Léon furent transférées à Ottmarsheim, Alspach, Lützel/Lucelle et Heiligkreuz/Sainte-Croix-en-Plaine.

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Notes

  1. Certains avancent parfois comme lieu de naissance le château Türkstein du comté de Dagsburg, ce qui donnerait également des racines lorraines à Bruno d’Egisheim, une hypothèse abandonnée à présent par la plupart des historiens : « Aujourd’hui, les historiens s’accordent pour placer sa naissance, longtemps localisée au château de Dabo, à la résidence du Haut-Eguisheim », peut-on lire sur Léon IX dans les Notices NetBDA. De son côté, Pierre Nuss estime vaine cette querelle : « A l’époque de la naissance de Bruno/Léon, Dabo est territoire alsacien, puisque sa mère, une Dabo, a amené son comté lors de son mariage à Hugues IV de Nordgau (…). Donc, par mariage, Dabo est alsacien, Léon IX est alsacien, peu importe finalement où il est né » (France2 Elsass 19.4.2022). Et pour finir, ajoutons que pour le Vatican, Leo IX est né en Alsace.
  2. Egisheim : forme francisée en Eguisheim. Egisheim = “Heim des Egino” : 817 Egenesheim, 899 Egisenheim, 1403 Egesheim (in F. Menges & B.Stehle, Deutsches Wörterbuch für Elsässer, 1911, p.66).
  3. Les Egisheim étant possessionnés dans toute l’Alsace, on leur donne aussi le nom de « comtes d’Alsace ».
  4. Par Adelheid (Adelaïde) von Egisheim, fille du comte d’Alsace Hugo IV et mère de l’empereur Konrad II (1027-1039) fondateur de la dynastie des Saliens. Plus tard, le Salien Heinrich IV fera de la lignée la famille la plus puissante du Rhin supérieur.
  5. Albert Hari, Léon IX pape réformateur, éd. du Signe, 2001, p.21.
  6. L’évêque de Toul est prince d’empire.
  7. Pour lui, seuls l’archevêque ou le pape pouvaient conférer des pouvoirs religieux.
  8. Leo IX avait précédemment apporté un soutien constant au moine toscan Hildebrant de Cluny, le futur pape Grégoire VII, sous le pontificat duquel éclata la « querelle des investitures ».
  9. Lucien Sittler, Geschichte des Elsass – Band I, éd. Alsatia, p.111.
  10. C’est l’évêque de Strassburg Wernher von Habsburg († 1029) qui édifia le nouveau bâtiment de la cathédrale, l’ancien ayant été détruit en 1002. La construction de la cathédrale romane commença en 1015.
  11. Monastère fondé au VIIe siècle par Dagobert II d’Austrasie.
  12. La Gottesfrieden/la Paix de Dieu, née vers la fin du Xe s., résulte d’accords formels pour pacifier de façon durable la société féodale, défendre les biens d’Église et protéger ceux qui se trouvaient sans moyens de défense. Elle relève à la fois du clergé, désireux d’engager une action sociale, et du pouvoir seigneurial : c’est un compromis entre laïcs armés et ecclésiastiques. Le mouvement de la Trêve de Dieu, exclusivement aux mains de l’autorité religieuse, n’apparaît qu’au XIe siècle consécutivement à celui de la Paix de Dieu. L’idée de la Trêve de Dieu, lancée dès 989 au concile de Charroux, est mise au point par le concile de Nice en 1041. Elle consacre une suspension temporaire des activités militaires avec l’interdiction faite aux soldats de combattre durant certains jours de la semaine ou certaines périodes. Cependant, Trêve et Paix sont souvent synonymes.
  13. Lucien Sittler, L’Alsace terre d’histoire, éd. Alsatia, 1988, p.62.
  14. Pierre Zind, Brève histoire de l’Alsace, éd. Albatros, 1977, p.70.
  15. P. A. Grandidier, Œuvres historiques