LANGUE REGIONALE D’ALSACE : LA POSITION D’UNSRI GSCHICHT

Dialectes germaniques, le haut-alémanique, le bas-alémanique et le francique marquent l’ancrage multiséculaire de l’Alsace dans l’espace linguistique germanophone qui compte plus de 100 millions de locuteurs natifs. Or, seuls 3% des jeunes de moins de 10 ans maîtrisent encore l’un de ces dialectes, résultat d’une politique d’Etat assumée de « débochisation » de l’Alsace entamée dès l’occupation française de 1918.  Un courant de pensée prétend aujourd’hui préserver ce patrimoine linguistique en l’isolant du Schriftdeutsch (allemand écrit). Une erreur grave, selon Unsri Gschicht qui affirme dans le texte ci-dessous sa position quant à la langue régionale d’Alsace (lire ici la version résumée).

 

UNE MEMOIRE DE LA LANGUE ALSACIENNE POUR UNE LANGUE DU XXIème SIECLE

 « Vous avez le présent, vous avez l’avenir. Et le présent est une membrane fine qui vibre facilement. Mais il faut qu’il y ait un peu d’osmose entre le passé et l’avenir. Cela signifie qu’il faut décider ce qui ne devrait plus jamais arriver si cela peut être évité ». (1) Tomi Ungerer, certes dans un autre contexte, mais non moins avec une lucidité extraordinaire, donne ici une définition imagée de ce qu’est un travail de mémoire réalisé par les historiens. Elle laisse la place tout autant à une histoire lointaine qu’à une histoire du temps présent. Par rapport à la langue des Alsaciens, elle laisse entrevoir les croisements nécessaires entre le passé, le présent et l’avenir et donne un sens profond pour une compréhension des mécanismes de « ce qui ne devrait plus jamais arriver », en l’occurrence les menaces sur l’avenir de la langue des Alsaciens. Donner un présent et un avenir, c’est donc comprendre la mémoire de la langue et la pédagogie de son articulation historique et socio-culturelle qui fait sens.

 

UNE CULTURE DE LA MEMOIRE POUR COMPRENDRE LA STRUCTURE ET LE SENS DE LA LANGUE

La langue des Alsaciens, faite de dialectes originels et de langue écrite appelée Schriftsprachen ou standards (2) successifs, se situe à la croisée de deux cultures. Celle de la France est une langue de centralisation politique progressive, où la langue de l’Ile-de-France – langue de la monarchie de Versailles, puis langue de la Révolution parisienne de 1789 (2) – a été imposée, sous des motifs d’égalité, à des peuples riches de leurs diversités, mais faussement considérées comme incapables d’exprimer l’universalité. La IIIème République (1870-1940), après la défaite et le traumatisme de 1870-1871, fera du français une langue de crispation nationale de revanche, principalement dirigée contre l’Allemagne et correspondant à une profonde et stérile période de crise. Celle de l’espace germanophone est une langue faite de diversités dans l’unité culturelle. (3) À l’origine (IIIème/IVème siècles après JC.), de grands espaces de dialectes, relèvent essentiellement de traditions orales (4) mais  sont en même temps fondatrices de formes de langues/standards écrites. Le Althochdeutsch (vieux Haut-Allemand), le Mittelhochdeutsch (Haut-allemand moyen) ou le Neuhochdeutsch (nouveau Haut-Allemand), etc. seront ainsi des formes successives de standards et partiront toujours de groupes de dialectes. Ils seront les porteurs écrits des grands courants culturels germanophones et européens (le Neuhochdeutsch partira des dialectes des Saxes d’Allemagne centrale et est connu pour être le principal support de la traduction en allemand de la Bible par Martin Luther). Par la suite, et au fur et à mesure du déclin du latin dans les chancelleries des souverains régnants, le standard/Schriftsprache deviendra aussi peu à peu une langue administrative (XVIème siècle). En tout cas, il est très discutable de vouloir considérer, dans leur histoire, les dialectes en opposition avec les diverses formes de Schriftsprachen/standards ; le passage est d’une  fluidité remarquable.

Henri Zislin. Caricature germanophobe.
Caricature germanophobe d’Henri Zislin. La débochisation a-t-elle un caractère ethnique ?

La période contemporaine – et surtout le XXème siècle – se caractérisera par toute une série de bouleversements, notamment les crises liées aux conflits franco-allemands, européens et mondiaux (1914-1918, 1939-1945) qui marqueront plus particulièrement l’Alsace et la Moselle. Pour ces territoires, cela entrainera non seulement de graves conséquences politiques et militaires mais aussi des conséquences de nature plus culturelle, touchant plus particulièrement l’approche de la culture de la langue. Dans le nouveau Second Empire allemand, que le Reichsland Elsass-Lothringen avait réintégré entre 1871 et 1918, cette réalité linguistique de l’espace germanophone relève bien davantage d’un équilibre entre « Vaterland » (la grande nation) et la « Heimat » (la petite nation, d’une langue-dialecte et d’une culture). Il serait faux de croire que ces deux réalités s’opposent ; quelle que soit la situation sociolinguistique. Il s’agit d’une considération de l’articulation de la langue issue de son histoire. Cette évolution mène à la poursuite d’une diglossie linguistique traditionnelle de l’espace germanophone (5), où dialecte et langue s’enrichissent mutuellement ; le dialecte étant une expression orale socio-culturelle d’enracinement et la langue liée à la tradition écrite. Entre les deux, il n’y a pas de hiérarchie (cf. la vision culturelle linguistique bien française et jacobine qui parle trop souvent de manière péjorative de patois). Il y aura tout au plus une distinction dans l’utilisation socio-culturelle : le dialecte sera l’expression orale du quotidien, tandis que la Schriftsprache sera l’expression d’approches culturelles plus interrégionales et internationales, comme par exemple l’expression de la foi dans les églises/temples. De grands intellectuels comme Albert Schweitzer, Claude Pierre ou René Schickele écriront ainsi leurs livres en utilisant essentiellement la Schriftsprache allemand de leur époque et n’hésiteront pas à passer au dialecte dans l’oralité de leur culture sociétale. Le débat sur la présence orale de l’allemand est donc une question qui n’a que peu lieu d’être, dans la mesure où historiquement, l’allemand est une expression écrite.

Au-delà du risque de perdre leur langue, qu’elle soit dialectale ou standard écrite, voilà bien la mémoire et le sens que les Alsaciens risquent de perdre aujourd’hui. Entre dialecte et standard, la Suisse réussira ainsi à trouver un équilibre ayant valeur de modèle. (7). La perte de la langue en Alsace et en Moselle ne s’explique-t-elle pas ici par la perte de la mémoire et donc du sens de la langue ?

 

UNE CULTURE DE L’HISTOIRE-PEDAGOGIE POUR CONSTRUIRE UN PRESENT ET UN AVENIR

Comprendre cette évolution signifie croiser la sociolinguistique avec d’autres approches. Le croisement de la langue avec la mémoire et donc de l’histoire ne doit pas nous faire oublier le croisement avec la pédagogie, peut-être plus importante encore dans la situation de crise actuelle, où une mort de la langue en Alsace s’annonce et certainement encore plus pour les locuteurs de la langue. Ceci nécessite la considération d’une triple urgence : 1) la définition et la considération des profonds changements sociétaux après 1945 (l’histoire du temps présent) ; 2) celui d’une identité qui doit impérativement être reconsidérée bien davantage avec le sens donné, c’est-à-dire la priorité donnée à l’approche pédagogique et non aux démarches nostalgiques et contestables des temps révolus ; 3) la prise de conscience de politiques de la langue incluant l’allemand standard, le dialecte, l’histoire et la géographie.

Le monde de l’après-deuxième-guerre-mondiale, croisé à celui de l’Alsace, révèle toute une série de bouleversements qui impactent aussi la langue et la culture des Alsaciens. 1945 signifie l’heureuse défaite de l’Allemagne nazie et de sa manipulation de la langue comme le soulignera le Nobel de littérature Thomas Mann. En lien avec le traumatisme de la collaboration, elle signifie néanmoins aussi l’incapacité de la France à faire un travail de mémoire de la langue spécifique à l’Alsace. Nous en resterons trop souvent, jusqu’à aujourd’hui, à la vision de Hansi qui, dans un contexte nationaliste et revanchard, oppose dialectes d’Alsace et Schrifsprache/ standard écrit d’Alsace ; le dialecte étant présenté comme seule langue de l’Alsace et le standard toujours affublé d’une suspicion, qui n’a pas lieu d’être, si on compare l’important travail de mémoire allemand de la langue dans une Europe qui se reconstruit après 1945. Au mieux, on en restera en Alsace à une vision où la langue standard n’est serait plus qu’un arrière-fond linguistique d’une expression (8). Cette quasi impasse est-elle positive pour la langue des Alsaciens ? A cette incapacité, s’ajoutent également les conséquences pour l’Alsace de la globalisation et de la rurbanisation. La globalisation, qui voit un nouveau développement d’une économie et d’une société-monde, implique des migrations importantes d’Alsaciens vers l’ailleurs, et de l’Alsace vers la France, l’Europe et le  monde (des mouvements migratoires identiques existent aussi pour  le Rhin supérieur et l’Allemagne. À la langue régionale standard/dialectes, jusqu’ici confrontée quasi uniquement au judéo-alsacien et au welche proches, s’ajoutent les langues des migrations et des élites (anglais, espagnol, turc, arabe, etc…). La rurbanisation est quant à elle un mouvement migratoire des campagnes vers les villes et zones périurbaines. On voit ainsi apparaitre une Alsace plus multiculturelle, mais aussi une Alsace, où la ruralité devient minoritaire. Pourtant, la langue standard/dialectes des Alsaciens reste marquée par cette ruralité, au demeurant au sens parfois idéalisé et pose certainement la question d’un travail de mémoire historique légitime encore plus important pour les Alsaciens sur la langue et les arts et traditions tout autant légitimes.

1945 en Alsace - Panneau C'est chic de parler français
Ce panneau fleurira l’espace public alsacien dès la fin 1945 : une culture monolingue qui empêche de comprendre une langue à double expression.

L’identité est bien entendu une importante question porteuse qui ne doit pas être négligée. Comme toute identité, elle est une référence à un certain nombre de mythes fondateurs socio-culturels importants, mais qui évoluent aussi dans le temps, l’espace et le débat. Sans culture et sens, elle peut néanmoins rapidement devenir stérilement « identitaire » et verser ainsi dans une exclusion antinomique pour une société qui se revendique d’un être ensemble. Un discours tenant de « c’est-la-langue-de-mes-ancêtres » est un discours ethnique qui ne prend pas en compte les évolutions socio-culturelles de l’Alsace dans le cadre d’un sens donné.

Reste la pédagogie. Elle doit prioritairement prendre en compte les jeunes générations, mais doit également interpeler les générations plus anciennes. Nous avons connu de formidables initiatives qui ont associé les deux expressions de la langue régionale d’Alsace. De manière non exhaustive, cela a été par exemple le cas de la réforme Holderith. Entre 1969 et 1976, elle est une réforme de la pédagogie de l’allemand scolaire, prenant en compte les élèves dialectophones. Par la suite, l’enseignement paritaire et l’enseignement immersif (9) sont deux étapes enseignantes dans le développement de la langue des Alsaciens orale et écrite. Il serait faux de dire que les  démarches s’opposent alors qu’elles ne sont que des étapes successives. La sociolinguistique doit ici bien davantage se confronter aux autres disciplines pour donner du sens à la langue (histoire, géographie, économie, pédagogie, etc…). Dans cette perspective, l’opposition entre le standard écrit et le dialecte oral est un errement stérile, surtout lorsque des inscriptions publiques se revendiquant de la langue régionale nient pour l’essentiel le standard. Le même problème se pose dans la publication pédagogique. Cela ne démontre qu’un déficit grave dans le travail de mémoire et de communication. Dans ce cadre, concernant la question de l’ « utilité », il est tout à fait inopportun d’opposer culture et économie/profession  au risque d’un double langage(10). Avec ce discours ambigu, nous posons en fait le plus mauvais signal pour la jeune génération. Cela l’empêchera de placer la langue des Alsaciens au cœur de ses projets et de ses rêves d’avenir. En tout cas, l’identité sans sens ne lui indiquera pas cette voie.

Au final, la langue régionale d’Alsace, autant dans son expression scolaire et sociétale dialectale que standard, est un enjeu d’avenir transfrontalier et européen des jeunes alsaciens et plus particulièrement de la catégorie socio-professionnelle (CSP) la plus nombreuse, celle comprise entre le CAP et le BAC+2.

Insee - pyramide des âges des travailleurs frontaliers
Source : Insee (11)

Une pyramide des âges des travailleurs frontaliers nous permet ainsi de considérer la catastrophe d’un effondrement des effectifs des frontaliers sous l’âge de 50 ans. Cette catégorie doit aujourd’hui comprendre que la maîtrise du standard est absolument nécessaire pour une formation et une carrière transfrontalière et européenne d’avenir et que cette maitrise est garante de la qualité porteuse du dialecte. Le jour où cette CSP aura compris que le dialecte est l’approche idéale pour intégrer la culture d’entreprise si précieuse aux entreprises rhénanes et que le standard écrit est la première langue de formation dans le Rhin supérieur, la langue d’Alsace se sauvera d’elle-même, à condition bien entendu que la Collectivité européenne d’Alsace (CeA) se donne les moyens d’une exception de programme scolaire d’une discipline « allemand + dialecte » (cf. loi CeA de 2019 prévoyant un « comité stratégique de l’allemand » incluant les dialectes, expressions orales. L’enseignement de « histoire-géographie » en discipline de langue 2 (DL2), aboutissant à un double diplôme franco-allemand sur le modèle alsacien de l’ apprentissage et de la formation en alternance bilingue transfrontalier « azubi pro » sera qu’un atout majeur, repensé et soutenu. (12). Les conditions pour sauver la langue seront alors réunies d’elles-mêmes. Ces évolutions importantes pour la réappropriation de la langue doivent nous faire considérer que toute remise en cause du standard allemand ne serait que folie identitaire, autant que les expressions dialectales ne sauraient être un acteur majeur de l’enracinement du standard historique en Alsace. C’est une chance unique d’« Europe vécue » pour la langue et la jeunesse. C’est aussi un atout majeur pour la présence de l’Alsace dans le Rhin supérieur. N’oublions pas qu’environ 10% de la population alsacienne sont des travailleurs frontaliers (un tiers en Alsace nord et sud) et que le taux de chômage « jeunes » dans l’eurométropole de Strasbourg (EMS) s’élève entre 15 et 25% selon les CSP, alors que dans l’Ortenau badoise voisine, il est de 3%. Considérer cette réalité pleine de promesse fait partie d’une approche salvatrice pour notre langue, à condition de se la réapproprier, pas seulement dans ses dialectes mais aussi dans son standard allemand. N’oublions pas que toute formation professionnalisante bilingue transfrontalière ne se fait que dans le standard et demande un niveau testé de langue de B1/B2 (13). Une fois de plus, l’expression dialectale reste tout autant précieuse pour les Alsaciens dans une culture d’entreprise si chère dans l’espace rhénan.

 

POTENTIEL ET PERSPECTIVE DE LA LANGUE DES ALSACIENS

« Chaque province aime son dialecte, car c’est en fait l’élément dans lequel les âmes puisent leur souffle » (Johann Wolfgang von Goethe). Qu’on ne s’y trompe pas. Lorsqu’on considère l’histoire de la langue, on constatera régulièrement que la création d’une frontière entre la langue standard et les dialectes a toujours été un exercice stérile (cf. Hansi). Celle-ci n’enlèvera au dialecte que la qualité et au standard l’enracinement, donc le sens donné que pourra lui découvrir le jeune apprenant. Pour la langue des Alsaciens, elle ne sera pas garante d’une universalité salvatrice. C’est bien le message de Goethe, un des plus grands auteurs allemands en standard, mais également dialectophone actif. C’est également le cas de nombre de nos écrivains et poètes en Alsace ; René Schickele, Claude Pierre, Albert Schweitzer ou André Weckmann, etc… . Pour les Alsaciens, il reste à faire un important travail de mémoire pour ne pas s’engager dans des errements mortifères.

Jean-Michel NIEDERMEYER – décembre 2025.

Professeur bilingue  français-allemand sur rang d’agrégé et de Langue et culture régionales (e.r.)
Titulaire des Palmes académiques pour engagement bilingue
Co-auteur du livre « Histoire de la langue régionale d’Alsace » (Salde/Canopée ; 2013)
Membre du Conseil de développement de la Collectivité européenne d’Alsace
Ancien président de l’association LEHRER

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  1. « Fascinating Facisme », https://vimeopro.com/celialowenstein/history/video/109655657, Tomi Ungerer, 53’, The dangerous subjekt of the aesthetics of fascism trough the eyes of artist Tomi Ungerer, Jerusalem Film Festival 1996 and selected for the ARTE Retrospective on Tomi Ungerer 1998, Museum of contempoporary Art (Strasbourg 2011/2013.
  2. Une langue standard est une langue codifiée et légalisée par une instance de régulation officielle (orthographe et  grammaire). Dans l’espace germanophone, elle est, selon les Etats, appelée Hochdeutsch ou Schriftsprache. Dans cet espace, elle connait des formes successives. Elles sont des formes écrites successives dans l’histoire de la langue allemande. Elles émanent de groupes de dialectes germanophones, incluent parfois aussi des éléments empruntés à d’autres langues (code-switching). Dans l’espace germanophone, les standards successifs sont ainsi des références (stabilisation linguistique des dialectes, orthographe, syntaxe et richesse lexicale « dialectalisables). Les dialectes restent toujours dans une fonction d’enracinement et d’enrichissement de la langue allemande.
  3. Dr. Helmut Dochnahl, „Veränderungen der Sprache und Mentalität im Elsass seit dem Dreißigjährigen Krieg. Aus der Sicht elsässischer Autoren“ (Les transformations de la langue et de la mentalité en Alsace depuis la guerre de 30 Ans), pp. 04-16, 56-112 Verlag EPUBLI, Mosbach 2022.
  4. Bernard Vogler, Frédéric Hartweg, Robert Greib, François Schaffner, Jean-Michel Niedermeyer « Histoire de la langue régionale d’Alsace », Editions CRDP-SALDE, pp. 12-58, 177-20203 (Une langue et une culture s’implantent, se développent. De l’automne du Moyen-Âge au siècle des Lumières. De nouveaux défis – L’ouvrage existe également en langue standard allemande), Strasbourg 2013.
  5. Karl Bohnenberger, «Die alemannische Mundart » (Le dialecte alémanique), pp. 09-22 (Die Gliederung des Gesamtgebietes (Vogesen-Rhein), La structuration de l’ensemble du territoire (Vosges-Rhin), Verlag J.C.B., Tübingen 1953. Pour les locuteurs on parle ainsi d’expression diglosse, c’est-à-dire une double expression qui allie une forme orale (dialecte) et une forme écrite (la langue standard).
  6. La même réalité s’applique à la Moselle qui, sous réserve de spécificités de l’espace dialectal, partage avec l’Alsace la même structure de langue régionale.
  7. Helen Christen, „Dialekt, Regiolekt und Standardsprache im sozialen und zeitlichen Raum. Beiträge zum 1. Kongress der Internationalen Gesellschaft für Dialektologie des Deutschen“, 5.-8. März 2003. Voir pp. 81-110, „Die Sprachsituation der deutschen Schweiz und das Konzept der Diglossie“.
  8. Henri Rünneburger, „Dictionnaire alsacien-français“, Verlag baar, Hambourg 2021. Ce dictionnaire est très riche au point qu’il avance des termes inconnus à la plupart des Alsaciens en manque de connaissance de standard. On regrettera l’absence des vocables du standard qui aurait permis une utilisation plus facile.
  9. https://www.abcmzwei.eu/
  10. https://shs.cairn.info/revue-langage-et-societe-2022-1-page-51?lang=fr P. Erhart, R. Kahn, « L’alsacien dans la sphère économique : nouvelle donne dans les usages ou accélération de leur déclin ? » CAIRN 2022 n°175 On regrettera que cet article reste très ambigu à l’égard du standard allemand et, en réduisant l’approche économique à un marketing des termes, a tendance à oublier qu’une part importante de l’emploi alsacien se fonde le travail transfrontalier (environ 10% de la population active, en Alsace nord et en Alsace sud, environ le tiers de la popula-tion active. On prendra aussi en compte, que dans la partie allemande de l’Eurodistrict EMS/Ortenau, le chômage des jeunes s’élève à 3% de la population active ; dans l’eurométropole de Strasbourg  entre 15 et 25 % de la population active !
  11. https://www.insee.fr/fr/statistiques/1908466
  12. https://www.facebook.com/share/v/17ZQphv3gy/ Ce post Facebook de Usocome/Eurodrive démontre la forte demande badoise d’une main-d’oeuvre alsacienne bilingue franco-allemande formée. Le groupe Usocome est un des premiers employeurs de la région de Haguenau/Brumath mais également du nord du Pays de Bade (ici Neuried au sud de Kehl).
  13. https://www.coe.int/fr/web/common-european-framework-reference-languages/table-3-cefr-3.3-common-reference-levels-qualitative-aspects-of-spoken-language-use Le tableau indique les degrés de compétences testés, ainsi que les compétences demandées. Les formations et les tests sont par exemple assurés par le Goethe Institut ou sont accordés par des filières bilingues particulières comme par exemple l’Abibac.